L'histoire de l'église


Le cartulaire de la cathédrale de Grenoble fait état d’une église S. Mariae de Biviaco dès le XIème siècle. Le site actuel serait celui d’une ancienne chapelle transformée après l’incendie qui, au cours des guerres de religion, ravagea l’église située alors au cœur du bourg de Biviers. Le bâtiment a fait l’objet de nombreuses transformations, les plus importantes au XIXème siècle. Au tournant des années 1820-1830 tout d’abord qui voit l’élargissement de la nef et la clôture du cimetière. En 1845, le clocher est surélevé avec la construction d’une flèche à douze pans. En 1873*, c’est au tour de la nef avec création de huit vitraux, suivie du chœur en 1885 (sept vitraux) et de la sacristie.
*A noter qu’en 1877, le père Faure, curé de Biviers à cette époque, fait installer à ses frais une horloge sur le pignon de la cure. A sa mort en 1885, « les paroissiens et ses élèves reconnaissants » lui érigent une très belle tombe en pierre blanche, dans le cimetière attenant à l’église, représentant un autel surmonté d’une croix avec tous les attributs liés à cette fonction, missel, étole, cordons et barrette.

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La sacristie
Elle est dotée d’un très beau meuble en noyer qui occupe un panneau complet du mur gauche.

Tableaux du Bx Fr. de Sales et St. Norbert
Deux tableaux faisant partie d’un triptyque du XVIIème siècle ont été retrouvés à la cure en 2014.
Ils représentent pour l’un le « Bienheureux » François de Sales et pour l’autre St. Norbert de Xanten. La mention « Bienheureux » est intéressante car elle permet de dater avec précision ces peintures d’avant 1665, date de la canonisation de St. François de Sales.
François de Sales (1567-1622), Grand orateur et artisan du renouveau spirituel catholique, il est le fondateur avec Jeanne de Chantal de l’ordre de la Visitation. Sa devise était : « Rien par force, tout par amour ». Il a été choisi pour être le Saint Patron des journalistes.
Saint-Norbert de Xanten (1080-1134). Il est né à Xanten en allemagne en 1080. Après un début d’existence aisée à la cour, il se consacre à partir de 1115 à une vie de prière et d’ascèse. Arrivé en France, il fonde en 1121 l’ordre des Prémontrés. Sa devise était : « Ecrire avec parcimonie mais accomplir sans réserve ». La restauration de ces tableaux et leur ré-accrochage dans l’église sont intervenus en 2016.

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Les vitraux
Ils datent du XIXème siècle et l’église en abrite 16 figuratifs. Outre la crucifixion, les vitraux de chœur représentent les 7 sacrements : le baptême, l’Eucharistie, la Confirmation, la Pénitence, le Mariage, l’Ordination et l’Extrême Onction. Les 8 vitraux de la nef et de la tribune représentent Marie, Joseph, Saint Pierre, Saint Paul et Saint Louis ainsi que des Saints ayant marqué la vie du diocèse : Saint Hugues, Saint Bruno et Saint François de Sales.

L’Orgue de Biviers
Un harmonium de la manufacture Rousseau à Lyon est installé dans l’église au milieu du XIXème siècle et servira à l’accompagnement des chants jusque dans les années 1970. Il est remplacé par un orgue électronique durant quelques temps.
L’orgue actuel a été acquis par souscription grâce à l’Association de l’Orgue de Biviers et installé en 2006. Construit par le facteur Xavier Silbermann, il a été implanté dans un très beau buffet en bois peint qui lui confère une magnifique allure.
Sur le buffet est inscrite en lettres d’or un extrait du psaume 46 : «Quoniam rex omnis terrae Deus : psalitte sapienter », « Parce que Dieu est le roi de toute la terre: chantez avec tout votre art ».
Cet orgue est parfaitement adapté à l’acoustique et à l’architecture de l’église. Il dispose de deux claviers et un pédalier avec des registres d’une extrême finesse permettant d’interpréter la musique d’orgue du XVIème au XVIIIème siècle.
L’orgue de Biviers a été béni par Mgr Guy de Kérimel le 25 Mai 2006 au cours de la messe de l’Ascension et inauguré par Michel Chapuis, organiste concertiste de renommée internationale. Quatre organistes titulaires se relayent pour assurer les offices religieux.

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Les Cloches
L’église de Biviers dispose de 3 cloches. La plus ancienne provient d’un prieuré fondé au XIIIème siècle au flanc du Saint-Eynard dans lequel elle restera installée jusqu’en 1770. Ce prieuré menaçant de s’effondrer, cette cloche est récupérée et attribuée à l’église de Biviers par décision de l’évêque. En raison de sa fragilité, elle n’est pas électrifiée et ne peut être utilisée que très exceptionnellement.
Au XIXème siècle, deux autres cloches sont installées grâce à une souscription des paroissiens. Elles s’appellent Olga et Marie Louise du nom de leur marraines*. Avant leur électrification, on les actionnait par des cordes passant par un trou dans le sol du clocher et qui descendaient dans l’entrée ou le « narthex » où un sacristain carillonneur les actionnait.
*Olga Rallet et Marie Louise Sisteron

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La tombe du père Eyssautier
Elle se trouve devant le porche à l’entrée de l’église. Le Père Eyssautier est né en 1753 à Beauvezer (Basses Alpes). Ordonné prêtre en 1780 il est affecté à Mont de Lans puis à Montbonnot en octobre 1812. Les insultes quotidiennes qu’il endure des soldats lui font demander à l’Evêque de se retirer à Biviers. Cette requête fut acceptée et il y fut ainsi chapelain en 1817, puis curé en 1821.
Sa pierre tombale porte la mention suivante : « Ici repose Pierre André Eyssautier, curé de Biviers, né en 1753, mort en 1824, il fut le père, le guide spirituel de tous dans l'exercice des devoirs de notre sainte religion, cette pierre fut placée pour consacrer ( nos ) regrets, de profundis ».
En calcaire dur et bleuté provenant de la région de La Mure, la qualité de cette sépulture montre qu’il était apprécié par ses paroissiens. Son emplacement a été choisi pour marquer les fidèles à chacune de leur entrée dans l’église.

Le maître-autel
Le maître-autel provient de l’ancienne chapelle du château Servien. Il a été offert à l’église de Biviers en 1855 par Alphonse Rallet, maire de Biviers de 1865 à 1888 et classé MH en 1991.
Réalisé au XVIIIème siècle, il se présente sous la forme dite d’auteltombeau en tronc de pyramide renversé reposant sur un socle de marbre beige. D’élévation droite, il est structuré par un cadre en marbre blanc contenant un panneau de marbre veiné de rouge et violet. Au centre, un agneau pascal couché sur la Croix est inscrit dans une gloire. Le tabernacle est surmonté des têtes de deux angelots dans les nuées en marbre blanc, la porte est de bois doré, ornée de pampres de vignes. Ce maître-autel est précédé de deux degrés parquetés à bordures marquetées.

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Les fonts baptismaux
En pierre calcaire creusé d’un seul bloc, ils sont recouverts d’un couvercle octogonal composé de panneaux en noyer sculptés. Chaque panneau représente un épisode de la vie de Jésus (annonciation, nativité, crucifixion, Pentecote) et un commentaire en latin.
«Verbum caro factum est habitat nobis». Le verbe s’est fait chair et il a habité parmi nous. «Seipsum tradidit et pro omnibus mortus est Christum». Il s’est livré lui même et le Christ est mort pour nous tous. «Ingredere in templum Dei, ut habeas partem cum Christo». Il a rejoint le temple de Dieu et avec le Christ nous y avons part.
«Emisit eum Dominus de Paradiso voluptatis». Le Maître les destina au bonheur éternel.